3 heures. 3 longues et interminables heures. Cela faisait 3 heures que moi et les gars répondions à ces stupides questions entendues des milliers de fois. Enfin surtout moi. A croire que les journalistes s'étaient ligués contre nous afin de nous rendre fou à lier. 3 heures qui me paraissaient une vie, un siècle, une éternité.
D'habitude, j'aime beaucoup faire des interviews. Cela permet au groupe de continuer. De plus, comme je suis naturellement loquace, c'est moi qui parle le plus. Les autres l'ont vite remarqué et ont profité de l'occasion pour m'attribuer ce passe-temps qui commence franchement à virer à la torture. Ce qui fait qu'il n'y a que moi qui répond à ces fichus questions pendant que les autres ont l'air d'être intéressés par la conversation alors qu'ils dorment comme des loirs. Parfois, je me dis que je me suis fait avoir (nan c'est pas vrai !?!?).
Mais bon d'un côté, c'est moi le leader (bouffée d'orgueil) et comme ont commencent à avoir un franc succès en France, il faut bien en profiter. La première partie de notre deuxième tournée Zimmer 483 devrait s'achever d'ici la fin de cette maudite interview pour les deux prochains mois. Deux mois de vacances. Deux mois de grasses matinées et de tranquillité. Que demander de plus si ce n'est qu'accélérer le temps pour pouvoir stopper cet inlassable flux de questions. Mon cauchemar devrait se terminer à cinq heures soit ....dans trois quart d'heures !!!!
Oh my got !! Ca y est je craque là, faut que je me suicide. Une corde vite, que je me pende...
La pièce où se trouvait ce jeune homme pour le moins ronchon et rouspéteur, était sobrement, mais tout fois, classement décoré.
Les murs étaient d'un beige soyeux, le parquet ciré et tellement verni qu'il en devenait une patinoire intérieure. Les fauteuils, où dormaient pour certains et boudait pour d'autres, étaient d'un cuir noir et moelleux. Idem pour celui de la charmante journaliste qui devait sérieusement avoir besoin de lunettes. En effet, celle-ci ne voyait pas que trois des membres du groupe somnolaient, le dreadlé dormant et ronflant à tue-tête, et que le jeune androgyne poussait des soupirs d'exaspération toutes les cinq minutes. Une petite table basse en bois précieux séparait la journaliste des quatre adolescents dont trois s'étaient reconvertis en marmottes. Heureusement pour elle, car un certain adolescent efféminé et à la lisse chevelure ébène méchée de blanc avait des envies de meurtres sanguinolents à son égard. De larges baies vitrées en face des Tokio Hotel donnaient une vue imprenable sur la Tour Eiffel. Un garde du corps ressemblant plus à une armoire à glace qu'à autre chose lorgnait d'un oeil méfiant et suspicieux la journaliste comme si elle allait leurs sauter dessus pour les étrangler. Celle-ci quant à elle, essayé, est-ce nécessaire de dire inutilement, d'intéresser son unique interlocuteur à la conversation.
L'interview prit fin avec un soupir de satisfaction pour l'un et de bruyants bâillements pour les trois autres. Escortés par « Mario » surnommé (gentiment ??) « King Kong », ils sortirent de leur salle de tortures et se dirigèrent vers la sortie du luxueux hôtel. Là, un van noir les attendaient. Ils se dirigèrent vers le 8° arrondissement devant un palace de renommé appelé la Serre. Ils entrèrent dans l'hôtel tant bien que mal à cause des fans à mauvaise réputation (pour ce qui n'ont pas compris je parle des groupies). Un homme à forte carrure avec un portable littéralement collait à l'oreille vint à leur rencontre et les conduits vers leurs chambres. Georg et Gustav entrèrent se changer dans la leur. Même chose pour les twins. Tom, encore à moitié endormit, s'affala sur son lit et l'on n'attendit pas longtemps avant d'entendre des ronflements dignes du plus grand des pachydermes. Quant à Bill, il réalisa avec délice que commençaient deux mois de pur bonheur. Il enlevait sa veste en toile noir style british lorsqu'on toqua à la porte.
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